Le photographe indépendant clermontois travaille pour la mode, l’industrie, la publicité
La révolution numérique
n’a pas eu raison de lui.
Pascal Curtil est un
photographe clermontois
indépendant aussi discret
que surdoué, qui est
devenu maître dans l’art
du photomontage.
Il arrive d’un pas décidé,
les bras chargés de tirages,
dissimulés dans
une encombrante pochette
noire. S’excuse à mi-mots
de n’avoir rien préparé
de particulier. Sourire
franc, regard doux. Pascal
Curtil est un discret. Il n’a
pas l’habitude des interviews.
Pourtant, ses photos
sont publiées dans des
dizaines de magazines.
Accrochées dans les couloirs
de puissantes sociétés.
Placardées sur les
murs de grandes enseignes.
Encadrées sur la cheminée de sereins
foyers.
« Je suis un pêcheur
d’images », explique-t-il
modestement. Et
comme pour mieux appuyer
son propos, il entrouvre
son immense pochette,
d’où s’échappent
des dizaines de tirages différents.
Le regard s’arrête
sur un building new yorkais
devenu arbre en son
sommet, un poivron aux
allures de pamplemousse,
une série d’instantanés
sur une plage…
Pascal Curtil est un éclectique. Ce qu’il aime ? Saisir la beauté d’un geste, d’un regard, aperçu dans les tourbillons d’un l’instant. Cliquer au fil de l’inspiration. Mais il se plaît aussi (et surtout) à déformer la réalité, la détourner pour la rendre plus belle et plus conforme à ses rêves. Pour les besoins d’un client, ou pour son seul plaisir, le jeune photographe se fait démiurge, grâce au Dieu Photoshop. Paysages oniriques, nus évanescents, ambiances décalées, feutrées, élégantes. « J’ai réalisé mon premier photomontage en 1992 au moment où cette technique n’était qu’à ses balbutiements. Depuis, je n’ai jamais arrêté ». Son style, en équilibre entre l’instantané et l’irréel, lui a ouvert les portes du monde de la mode, de la publicité, de l’industrie. Campagnes de publicité, illustrations pour la presse magazine, la musique, expositions... En quinze ans d’activité, cet « as du photomontage », s’est imposé comme l’un des photographes clermontois indépendants qui comptent, et son rayonnement dépasse largement les frontières auvergnates. Si la révolution numérique a fait souffrir nombre de ses confrères, lui a su en faire un atout, un tramplin pour débrider sa créativité. « J’ai toujours été un passionné d’informatique. Aujourd’hui, cela est devenu nécessaire pour faire de la photo. Il faut savoir sentir l'air du temps, s’adapter aux évolutions... C’est le lot de tous les indépendants ».
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