Une Ferrari F50 et une Ferrari F40 sur le circuit de Charade. Voici la promesse d'un joli moment pour l'amateur de voitures de sport que je suis. Le temps d'une séance photo circuit et studio extérieur pour un éditorial magazine. Découvrez ci-dessous les images publiées et l'article.

Il y a des jours qui s'annoncent meilleurs que d'autres. Réunir en même temps deux des plus mythiques et des plus radicales Ferrari de l'histoire sur un des plus beaux circuits du monde (n'en déplaise aux quelques riverains sensibles des tympans), il y a de quoi mettre son réveil de bonne heure. Dommage pour la nuit qui précède… Leurs seuls patronymes ; F40 et F50 ; suffiraient à faire frémir de joie et d'angoisse quiconque caresserait l'idée de passer derrière le volant… Souvenez-vous, déjà à la fin des années 80, les ados tapissaient les murs de leurs chambres avec les posters de la bête.
Commençons par la dernière création d'Enzo Ferrari de son vivant : la F40. Il l'a voulue ultime et sans concessions. A voir les lignes, on imagine déjà qu'elle n'est pas faite pour aller faire « les » courses le samedi matin… mais la découverte de l'intérieur et surtout l'installation à bord élimine le peu de doute qui subsiste : elle est faite pour faire « des » courses le dimanche. Pour s'en assurer, un léger coup d'oeil sur la fiche technique nous rappelle qu'il ne s'agit pas que d'un objet de spéculation ou de décoration de garage : V8 biturbo – 478 ch – 1100 kg – 0 à 100 km/h en 4,5 s et 324 km/h en pointe… Tout cela se passe de commentaire !
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Bien évidemment, la conception générale s'inspire de la course et de ses matériaux (carbone, kevlar). N'oublions pas que nous sommes en 1987 au moment de sa commercialisation; la spéculation a déjà commencé et la demande s'envole. Malgré une production initialement prévue de 400 exemplaires, Ferrari cédera à l'afflux des clients et au marché
noir des bons de commandes qui se revendent à prix d'or entre spéculateurs. Au total plus de 1300 exemplaires sortiront de Maranello. |
Après avoir fait connaissance avec le premier jouet du jour, passons à la suite des festivités : La F50. La mère et la fille le même jour, cet essai va bientôt ressembler à une réunion de famille ! Si la F 40 célébrait les 40 ans de la marque, la F 50 arrive un peu en avance pour fêter la décennie suivante. Il s'agit pourtant bien de sa descendante directe. Dès le premier regard, nous constatons l'évolution technologique qui sépare les deux générations, le châssis monocoque et le moteur porteur étant directement dérivés de la compétition. Une fois l'immense capot moteur relevé nous découvrons… une formule 1 ! Un V12 de 520 ch, des suspensions à poussoir et une multitude de détails aussi impressionnants que sur une « vraie » voiture de course. La fiche technique ne va pas non plus nous rassurer : Vitesse maxi : 325 km/h - 0 à 100 km/h en 3,8 s - 1 000 m DA en 21,7 s… Tout cela se passe également de commentaires. Cette fois si, Ferrari tiendra bon et la production sera bien limitée à 349 exemplaires ; pas un de plus.

Le magnifique circuit de Charade nous a très gentiment accueillis et permis de faire quelques tours avec ces deux machines totalement envoûtantes. Comment résumer cette expérience ? C'est du délire ! Il est assez rare de voir l'aiguille du compteur de vitesse monter aussi vite que celle du compte-tours ; l'expression « ça colle au siège ! » prend ici tout son sens. Une fois passée l'émotion des premiers kilomètres, on remarque que les deux machines ont un tempérament bien différent. La F 40 est beaucoup plus brutale et plus directe. La F 50 semble bien plus « facile » dans sa prise en main, mais de là à conduire vite et faire un chrono digne de ce nom, il reste encore un petit peu de travail. Elle est pourtant « presque » civilisée : fini l'embrayage où il faut appuyer avec les deux pieds, tandis que la commande de boîte claque généreusement contre la fameuse grille métallique (les puristes comprendront…). Alors que la F40 est souple à basse vitesse, la F 50 manifeste son mécontentement à bas régime par quelques à coups qui vous rappellent qu'il faut la conduire plus haut dans les tours. Elle changera alors de voix à partir de 5 000 tours pour s'envoler à plus de 8 000 trs/mn dans une ambiance sonore digne d'une monoplace.
Après avoir laissé notre photographe décortiquer « nos » deux autos, nous décidons d'abandonner le circuit pour partir enfin sur les vraies routes. Comme dirait un vieux journaliste: « assez d'essais » (blague de journaliste auto qui aime le rock… mais si… : AC/DC… ok on passe). Une fois le portillon du circuit franchi, l'incongruité du retour à la vraie vie est assez amusante. La tête des otoctones que nous croisons mériterait un petit « best of » photographique. Après quelques kilomètres et quelques « poussées » magistrales en coeur avec nos deux autos, il faut nous rendre à l'évidence, nous sommes en présence d'une substance hautement addictive… il va être très dur de rendre les clés ce soir !

Pour résumer, ce sont deux autos fantastiques, ne ressemblant à aucune autre et qui hantent maintenant mes cauchemars… Il paraît que le diable s'habille en Prada, je pense qu'il roule aussi en Ferrari et que comme Monsieur X, il a les deux pour ne pas avoir à choisir ! !
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